Quelques activités secondaires d'un retraité, les randos pour se maintenir en forme, le potager et les chevaux pour le plaisir, les petits oiseaux pour les aider et les taupes pour sauver les pelouses.
Pour quelques uns, c'était la reprise après un petit break d'un mois. La sortie de Montardon était l'idéal pour cela.
Malgré les mauvaises prévisions de la météo, il y avait un petit soleil timide, et déjà la fraîcheur nous annonçait un hiver très proche. Les premières gelées ne devraient pas tarder. Beaucoup de feuilles sont tombées, et nous devrons désormais faire attention aux glissades.
Montardon est situé au nord de Pau, et bon nombre de nos marcheurs, habitent ou ont de la famille dans cette ville. A commencer par notre jeune Michel qui connaît tous les anciens du village. Il nous racontait qu'il y a 30 ans, Montardon n'avait que 200 habitants, et qu'aujourd'hui, il y en a plus de 10 fois plus. La plupart des routes n'étaient même pas goudronnées.
Nous avons garé les bus à l'entrée du village, juste avant le pont du Luy de France. De l'autre côté du pont, il y avait une auberge très familiale appelée, "Chez Bidot".
Nous sommes partis vers la droite, en remontant la rivière, en bordure de la future ZAP (Zone Agricole Protégée). Ce sentier est également un parcours sportif. Puis nous avons traversé le Luy sur un pont situé sur un "barrage écrêteur de crues". Deux barrages de ce type à Montardon sont destinés à protéger des inondations, toutes les maisons situés en aval et proches des cours d'eau. link
Ensuite, nous avons sinué entre les champs de maïs ramassés, sur un chemin bien entretenu. En été, mieux vaut éviter ce passage, où la visibilité est extrêmement réduite. Pour les chevreuils aussi, la visibilité était bonne: pas moins de 6 quadrupèdes effrayés qui devaient se dire: "Mais quel est ce vieux troupeau de bipèdes éclopés qui sifflent comme des hurluberlus?".
Il n'a pas fallu un grand courage pour grimper le "coteau de Montardon", car le dénivelé n'était que d'une cinquantaine de mètres. Mais au sommet, sur la route qui relie Montardon à Buros, nous avons quand même fait une petite pause, juste pour boire un peu d'eau. Nous avons repris la marche en direction de Buros sur 300m, et nous avons quitté le goudron en prenant un autre petit chemin à gauche. Après une courte descente, suivie d'une courte remontée, nous nous sommes retrouvés sur un circuit que nous avons réalisé à partir de Buros au mois de janvier. Quelques gouttes de pluie, nous ont obligé de sortir les vêtements adaptés. Une longue descente en pente douce, nous a conduit vers les plantations des pépinières Gaurrat. Au milieu de cette descente, 4 autres chevreuils (2 mâles et 2 femelles) ont détalé au milieu des grands champs de colza.
On dit que le miroir (partie blanche visible à l'arrière) a une forme de haricot pour le mâle, et la forme d'un coeur pour les femelles.
Sur la partie plane, le chemin était boueux et glissant. D'ailleurs le chemin s'appelle "Chemin de las Marlères". Dans tous les villages pratiquement, on trouve un chemin qui porte ce nom mystérieux des "marlères".
Les marlères, c'était des trous très variables en taille, de 2m jusqu'à 10m en diamètre, et 1m à 4 ou 5m de profondeur. Dans Gabaston, il en existe encore. Dans ces trous, on prélevait l'argile très jaune et très collante, pour faire des torchis. Les murs des granges (et même des maisons avant l'apparition du ciment) étaient d'abord constitués d'une ossature en bois appelée "colombage". Parfois, le constructeur incluait entre les lattes horizontales du colombage, des petits galets arrondis. L'argile jaune était pétrie avec de la paille de seigle (cette paille est plus longue et plus solide que celle du blé ou autre). Ce mélange gluant était ensuite étalé avec les mains sur la paroi verticale du colombage pour former un véritable mur. Il y avait aussi des passes de finition sans paille, pour cacher tous les défauts et rendre étanche le mur contre les intempéries. Les vestiges de ces granges sont très rares, mais le torchis revient à la mode, et peut-être reverrons-nous un jour dans la région, des constructions avec des murs de torchis.
Entre deux lignes droites et dans un grand virage, nous avions les plantations à gauche, et en face une colline herbeuse parsemée de nombreuses fougères mortes que les animaux détestent. Toujours sur la droite, au milieu de vieux chênes, on a aussi repéré des bambous insolites, aux troncs volumineux.
Nous avons tourné sur la gauche, pour aller traverser le ruisseau Laaps sur une belle passerelle. En été, nous aurions pu traverser le magnifique gué utilisé par les tracteurs. Quelques participants à la balade, ont pu observer un chevreuil supplémentaire. 400m plus loin, notre parcours déboucha sur la D707 qui va de Montardon à Saint-Castin. Puis nous avons emprunté cette départementale en direction de Montardon sur 500m, et tourné à droite sur un petit chemin de terre. Encore 500m de plus, et c'était l'heure de la pause sous de jolis chênes avec un petit soleil agréable.
Après ces quelques minutes de repos, nous nous sommes retrouvés rapidement entourés de lotissements récents. Henriette a même pu faire un rapide coucou à sa fille, dans le quartier Bonnassiolle. Sur notre gauche, nous avons pu admirer le grand parc du restaurant Lescloupé, réputé pour les réceptions de particuliers ou d'entreprises. link
Nous avons traversé la D 806, axe principal de Montardon, pour continuer au milieu de lotissements épars. C'est sur une seconde passerelle, que nous avons traversé le Luy de France, pour retrouver la future ZAP. En remontant le Luy sur 600m, nous avons rejoint les bus en coupant une nouvelle fois la D 806.
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